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Les voitures étaient prêtes à partir, on avait tout chargé dans les coffres. Trois voitures, dont un mini-van, et on partais sur la route, laissant derrière nous les souvenirs de l'insouciance. Chacun repartait dans sa ville respectives.

On avale l'asphalte. Littéralement. Le mini-van rugit comme un bœuf soufflerait, sous le poids de l'effort, je suis assis aux côtés de Léo, une sorte de grand frère chevelu à mes yeux.

L'antenne tremble et fait du bruit tellement on va vite. Le compteur affiche 170. Dehors, le ciel est limpides, à l'inverse des pensées qui se traversent dans ma tête. On fait n'importe en quoi. Je souris en pensant ça. Les boomers ont envie de briser les vitres, je les vois trembler sous le choc de battements incessants de la musique.

Les cheveux devant les yeux, Léo conduisait comme un pilote de course, gérant les virages tout en gardant une allure endiablée. La fumée se propageait dans toute la cabine, les courbes voluptueuse attiraient mes yeux brillants et rouges.

 

- J'ai pas envie de rentrer... Je veux pas retourner dans cette ville qui sent l'usine, où les boulangeries nous vendent du putain de pain congelé et où on doit s'écraser contre la vitre pour prendre le bus ! Je veux pas reprendre les cours, m'asseoir et écouter les abrutis de la classe se plaindre et critiquer quiconque, ça apportera pas grand chose à mes projets, il faut bouger maintenant, je sais que toi aussi t'en as envie!
Je disais ça sur le ton d'un enfant qui dit qu'il déteste l'école.
 

Sous son rideau de cheveux, je savais qu'il me regardait du coin de l'oeil, cherchant la meilleure réplique pour me soumettre. Entre nous deux, le dialogue était une lutte stratégique. C'était nos côté calculateurs qui se libéraient, et ça marchait. D'ailleurs ça m'effrayait parfois, cette capacité à soumettre les gens par la paroles, comme si ça faisait de nous les détenteurs d'une arme.

 

Il ralentit soudain, reprenant une allure légale, mettant fin à cette traversée tumultueuse, et.. Garda le silence. Juste ce putain de silence, qui exprimait tout et rien à la fois.

 

Et moi de rêver, de me perdre dans mes pensées, puisqu'il essayait de m'intimider. Je voyais des champs, au blé sépia et aux odeurs qui grattent le nez. Ces jours de paix avaient été une remise au point, je savais ce que je voulais. D'ailleurs, on le savait tous ! Mais eux étaient régis par un semblant de peur et de responsabilité, chose que je ne connaissais que dans les grandes lignes, et qui n'était que le miroir d'une barrière invisible, le mou sur la corde d'un chien attaché.

 


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Pause - 2

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